C’était le jour de la rentrée, déjà. Comme chaque année, les vacances étaient passées bien trop vite à ton goût, mais peu importe : aujourd’hui, tu venais de retourner à Ilukaan, ton école mais aussi ce qui était devenu avec le temps, ta deuxième maison. A vrai dire, tu étais presque nostalgique, aujourd’hui : tu débutais ta dernière année d’études. Quel sentiment étrange, de savoir que ce serait la dernière fois que tu assisterais à ce spectacle. Lire la suite
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[17 Novembre 2018] Noir et Blanc (Et Roux) // FT. KENNETH KIRKLAND
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— Ursirre
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[17 Novembre 2018] Noir et Blanc (Et Roux) // FT. KENNETH KIRKLAND Ven 7 Déc - 23:59

Noir et Blanc (Et Roux)

ft. Kenneth Kirkland

886 mots
dialogue en Bold
♪ Self - Noname

Cette nouvelle était arrivée à mes oreilles comme un doux son délicieux, comme le rire des enfants qui jouent de leur imaginaire, comme une pluie battante en plein mois d’août. Pourtant nous n’étions pas en août, il n’y avait ni enfant ni pluie, il faisait juste gris et froid, mes épaules toujours tendues sous ma lourde cape d’Arlequin. Ça faisait quelques mois seulement que la rentrée scolaire avait sonné son gong infernal, ce mensonge étudiant était aussi vieux que le monde et on continuait de tomber dedans, comme moustiques dans une toile d’araignée. Mais revenons à cette nouvelle dont je vous parlais dans un premier temps, car c’était ça l’important, le rire d’enfant et la pluie du mois d’août (ou peut être de Juillet, qui sait ?). Il s’organisait, ce samedi soir, une activité souterraine (les élèves avaient demander l’autorisation mais disons qu’il me plaisait de croire que je participais à des activités illicites, ça rajoutait un peu de couleur à la grisaille) : allait être projeté un film moldus, un certain « L’année dernière à Marienbad » d’Alain Resnais. La nouvelle fut bonne et délicieuse, oui délicieuse, car c’est le mot précis pour décrire l’idée d’un peu de culture, d’un peu de bon sens, d’un peu de brillance, d’un peu de bien dans mon monde parfois vide de sens.

Le samedi soir arrivé, le réfectoire était plongé dans le noir, on ne distinguait pas le visage des uns et des autres et c’était tant mieux, je ne voulais être dérangé par personne, ni par aucun bruit, ni par aucune respiration, ni par aucune autre présence ... Je voulais fusionner avec l’écran blanc qui nous servait de support magique pour regarder ce film, je voulais épouser les pixels dansants qui forment ces images mouvantes et fascinantes.

L’instant d’après, je plongeai dans une série de couloirs, de portes, de fenêtres, de colonnes et de miroirs, d’hommes et de femmes immobiles et mobiles, d’avant et de maintenant, qui ne se connaissent pas mais qui semblent familiers, qui échangent sur les banalités du monde sans jamais se fâcher, qui jouent sans aucun vainqueur, sans aucune mise. Je plongeai au milieu de cet hôtel, ou de ce château, ou de ce manoir, ou de ce jardin oui parce qu’il y avait ce jardin aussi avec ces statues et ces haies et ces buissons, peut-être Versailles ? Non ce n’était pas Versailles, ni nulle part d’ailleurs puisque c’était Marienbad ou peut être ailleurs, finalement c’était nulle part et c’était partout, c’était tout le monde et ce n’était personne, on parlait de tout et de rien et les statues étaient Grecs, Romaines ou rien du tout ce n’étaient, même, peut-être pas des statues mais c’est ce que je croyais en tout cas.
Mais je ne croyais rien, en fait, j’étais plongé dans cet onirisme, dans cette énigme, dans ce reflet, dans cette cascade où rien ne se passe mais où tout se répète.

----

Je fus comme tiré, arraché, déchiré de la pellicule par un terrible vacarme de raclements, de tintements en écho : les élèves se levaient, quittaient la sale, fuyaient devant l’esthétique, fuyaient devant une vérité trop difficile à voir, trop difficile à admettre. Alors partez, dégagez même, mais sans bruit je vous en prie sinon je ne me souviendrai plus de l’année dernière, je ne me souviendrai plus de ce qu’il se passe après la dispute de ce couple marié, ou peut-être sont-ils juste des connaissances. Je crois, tout de même que d’autres élèves sont restés, et je l’espère, en même temps j’aimerais qu’ils soient tous partis, pour me retrouver en tête à tête avec Franck (ce n’était peut-être pas Franck tout compte fait).

----

A la fin du film, qui n’est pas vraiment une fin mais un début, parce que ce n’est qu’en commençant par la fin qu’on peut apprécier le début et le déroulé. Mais à la fin (ou au début) du film, les lumières s’allument et il y a d’abord un blanc qui me paraît nécessaire, oui nécessaire parce qu’il faut un temps pour digérer cet immense plat qui vient d’être écrasé, amassé dans le fond de mon gosier déjà plein, déjà à bout de nerf et à bout de souffle, je n’en pouvais plus m’ais j’acceptais tout ce qu’on me donnait. Un blanc qui fait du bien, qui est comme un baume sur un cicatrice nouvelle.

Je tournais la tête dans toutes les directions, et ne trouvai qu’une tête rousse flamboyante, encore assise sur sa chaise. Après avoir vu ce terrible film en noir et blanc, cette chevelure enflammée était trop forte, trop attractive pour être négligée ou évitée, il fallait que je m’y conforte, il fallait que je sache qu’est-ce qui l’a poussé à rester, pourquoi n’a-t-il pas suivit le groupe, la majorité comme on le fait toujours. Moi j’étais un marginal, je le savais, mais lui, qu’était-il ? Je n’avais que faire de mon habituelle méfiance, à cet instant précis j’étais comme dans une sorte de transe et je me retrouvais en deux temps trois mouvements à côté de lui, haletant comme si je venais de courir, j’étais à l’envers.

« C’était un sacré film » je tournai la tête vers lui « Hein ? ». Ni bonjour, ni merci, ni au revoir, plus rien n’avait de sens, et c’était bien comme ça.

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