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Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
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Sujet: Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
Lun 28 Mai - 16:55
                    
Yennefer z Vengerbergu | Canon
POSTE : Professeure de sortilèges
DIRECTION DE MAISON : (oui/non, si oui laquelle)
ANIMAL DE COMPAGNIE : Aucun. Elle a cependant en sa possession un crane de corbeau en argent offert par sa tutrice il y a des années (celle-ci refusait tout animal sous son toit), objet sur lequel un charme a été appliqué, faisant prendre forme complète d'un corvidé et qui s'avère fort utile. Elle détient également dans ses appartements une licorne empaillée dont elle s'est déjà plainte de l'état, à se demander l'usage qu'elle en fait malgré le fait qu'elle dise que c'est pour "le travail".
BAGUETTE : Ébène, cheveu de vélane, 31,7 centimètres, très souple quand elle est coopérative. Autrement, elle est plus rigide que du bois sec.
Baguette à son image, d'un tempérament difficile.
PATRONUS : Freux
ODEUR DE L'AMORTENTIA : Le parfum doux et âpre du jus de pommes, la rassurante fragrance rappelant le confort de nuits d'hivers au chaud de vieux livres et tout cela cassé ou harmonisé par des relents de sueur, de cuir, de sang, d'alcool et de métal, mélange d'odeurs qu'elle associe à Geralt.
REFLET DANS LE MIROIR DU RISÉD : La volonté d'une famille unie, aimante, heureuse, dans l'image projetée sur la glace de Geralt z Rivii, elle et leur fille Ciri, ensemble.
Elle se voit en plus de cela avec le ventre légèrement bombé.
ÉPOUVANTARD : Une femme.
Une femme bossue, habillée de haillons, aux poignets sanguinolents à cause de taillades.
Une femme qui imite ses propres gestes au même moment.
Une femme aux cheveux gras d'un noir charbon, aux yeux violets et ternes rougis par les larmes, soulignés de cernes proéminentes.
Un reflet sans miroir.
FAMILLE : Sa fille, Ciri.
Yennefer z Vengerbergu

— Le Sorceleur

47 ansSang-mêléeFemmePolonaise
« Je suis trop vieille pour jouer les vierges effarouchées... à moins que tu me le demandes gentiment. »

NOM : Berger z Vengerbergu
PRÉNOM : Jolanta Yennefer
SURNOM : Yen par la seule personne qui s'est mise à l'appeler ainsi, Yenna par les autres qui l'apprécient, d'autres plus douteux qu'elle ne retient pas venant de ses ennemis. (Orque, Panda, Karl Lagerfeld, la Pie, Casse-pieds...)
DATE ET LIEU DE NAISSANCE : 15 Février (Verseau) à Łęknica 1er Mai (Taureau) à Kraków
LANGUES PARLÉES: Polonais, Anglais, Allemand, Suédois (Écrit et oral), Français (oral)
DON : Elle en a deux. De un, elle est legilimens. Parce qu'elle préfère toujours tout savoir sur tout et c'est Tissaia de Vries, sa tutrice, qui lui a appris à maîtriser cette technique. En plus, ça l'aide à connaître ce que sa moitié a en tête (spoiler alert, c'est très souvent cochon).
À noter que ce qu'elle découvre, elle le garde pour elle sauf quand c'est trop grave.
De deux, elle casse les pieds à un point que t'imagines même pas.
YEUX : Violets
CHEVEUX : Noirs
TAILLE : 156 centimètres
POIDS : 43 kilogrammes

Liste des headcanons
Elle faisait partie de la délégation de Durmstrang pour une Coupe des Trois Sorciers, à ce moment, elle a eu une amourette avec un élève de Poudlard, Crach an Craite. | Souffre de scotophobie du fait de ses expériences infantiles. En ce sens, elle ne peut jamais se détendre dans l'obscurité totale et ne peut s'endormir sans une lueur allumée | Lui donner du jus de pomme est sûrement la meilleure chose à faire pour attirer ses faveurs | Elle chérit son temps de sommeil, la réveiller est la pire chose que vous pourriez faire. Et sûrement la dernière. | Elle n'aime pas la cuisine trop épicée | Kinky et créative, le lit c'est surfait | Préfère les soirées cozy avec un bon livre et une bonne série aux événements mondains | Apartisane, elle est très libérale au niveau des idées cependant | Mom jokes | Elle ne comprend pas plusieurs choses, dont les ballerines, la renommée de Jaskier, le meilleur ami de Geralt, et certaines modes culinaires actuelles | Elle se réveille souvent dans la nuit pour grignoter | Elle grignote beaucoup par ailleurs mais surtout des fruits | Jeux de carte et paris, elle est très bonne dans ce domaine d'ailleurs | Auteure de quelques livres tels que La Physique des Charmes, réflexions sur l'aspect scientifique de la Magie, Apathie et sorcellerie, la Magie sans sentiments est-elle possible ?, Qui du moldu ou du sorcier est arrivé le premier ? Perception de la Magie dans le monde non magique | Hait que l'on mentionne Ciri comme sa fille adoptive. C'est sa fille, point. | Elle avait des difficultés émotionnelles par le passé, elle se comparait sans cesse à la Reine des Neiges, comme dans le conte populaire. | Parle dans son sommeil | A déjà été mêlée à des intrigues politiques dans le milieu sorcier en Pologne | Elle a des origines allemandes par son géniteur | Sa saison préférée est le printemps | Elle n'a pas d'accent quand elle parle des langues étrangères, mais dit très souvent "kurwa"

Côté joueur
PSEUDO : Certains m'appellent Gaspard, je préfère Kuo mais j'accepterai Yen. Je joue souvent des petites brunes pas sympas et ça tombe bien parce que moi aussi je suis une petite brune pas sympa.
J'accepterai aussi le titre de "Reine du shitpost".
AVATAR : Fait par Aly ♡
COMMENT AS-TU TROUVÉ LE FORUM ? : On m'a donné le lien.
UN PETIT MOT : Zizi.
En vrai, je sais que l'on doit éviter le passé tragique et tout.
Mais Yen sans cette enfance ce n'est pas Yen, ça l'a vraiment forgée elle et son caractère après à quasiment cinquante ans, je pense qu'elle a suffisamment de recul sur son passé et a pu tirer un trait définitif dessus.
CODE DU RÈGLEMENT : Je ne suis pas désolée.
Physique

'Le long de mes plaies, fais glisser tes mains,
Pour défier les étoiles et mêler nos voies.
Rouvre ces blessures et regarde moi.
Mon corps meurtri est le canevas du destin'

La nuit était tombée depuis peu mais cela faisait un moment que les bougies avaient été allumées dans les appartements. Il n'y avait pas un bruit, sinon le léger clapotis de l'eau dans une baignoire que l'on venait de quitter.
Les vêtements avaient été jetés çà et là, de manière chaotique, par l'impatience de la détente après une dure journée de labeur.

Telle la Grande Odalisque d'Ingres, elle était langoureusement alanguie sur une banquette et était occupée à lire, ses cheveux rassemblés en un chignon haut duquel s'échappaient quelques boucles folles. Sa peau était d'un blanc de lait, presque translucide, constellée de grains de beauté, comme la voûte céleste est parsemée d'étoiles. Les marques, quelles qu'elles fûmes, occasionnelles nébuleuses, étaient visibles de loin. Son épiderme trop sensible, laissait apparaître quelques aspérités comme les fines zébrures de vergetures sur ses cuisses, semblables à des éclairs qui apparaissaient dans le ciel.

Sa morphologie mince, aux courbes très féminines, n'avait jamais été altérée par le fait de porter un enfant, la femme étant stérile, malgré elle.

De mes songes tu t'enfuis à l'aube
Ton parfum de groseille et de lilas,
Je veux sentir tes longues boucles noires
Et me perdre dans tes yeux mauves brillants de larmes.

L'horloge sonna la vingtième heure du jour.
La femme finit par poser le livre et se leva. Elle n'était pas de grande taille, était peu imposante mais sa silhouette était telle qu'elle donnait l'impression d'être élancée. Ses mains, petites mais aux doigts fins, graciles et peut-être un peu trop nerveux donnant une apparente longueur et aux poignets marqués de cicatrices profondes que l'on associerait à une volonté passée de mettre fin à l'existence, défirent le chignon. Le dos d'albâtre fut alors envahi par un raz de marée aile de corbeau jusqu'au creux des reins. Elle n'attachait que peu souvent cette crinière crêpelée d'ébène, la laissant habituellement épanchée et soigneusement indomptée.
Le noir profond des mèches était brillant et reflétait la lumière, comme une plume de paon.
Elle s'assit à sa coiffeuse et s'attela à ses rituels cosmétiques, vêtue de lingerie de dentelle de bonne facture. Son dos était droit, quelque peu cambré, comme si la femme craignait de devoir se voûter.
L'œil observateur pouvait remarquer que les épaules, bien que belles, étaient légèrement asymétriques, la gauche à peine plus haute que la droite, détail dont la sorcière avait toujours tu la raison.
Si d'aventure la nature avait doté d'une bonne vue, si l'on était assez proche d'elle pour qu'elle consente à partager son lit et s'ouvre aux ébats, si l'on s'appliquait à la contempler un jour où sa tignasse nocturne ne couvrait pas ses arrières et si ce jour-ci la lumière était favorable (ce qui, à la fin du calcul, serait très peu probable tous ces facteurs rassemblés), l'on décèlerait des marques sur son dos témoignant d'une opération passée, lourde et douloureuse à ne point en douter.

Remontant la piste, j'avance sans craintes
Et poursuis sans relâche ton coeur insoumis.
Passées la colère, la mélancolie,
Je viens quérir la chaleur de ton étreinte.

Les doigts fins attrapèrent une fiole, toujours posée au même endroit et ceux de l'autre main vinrent retirer le bouchon.
Une fragrance fruitée et florale embauma tout de suite l'atmosphère. La femme s'en oinit, comme à son habitude. Cette odeur lui était caractéristique, à tel point que lorsque l'on la décrivait, il était nécessaire d'évoquer ce parfum de lilas et de groseilles à maquereau. De même que pour sa personne, ces effluves pouvaient à la fois être enivrantes ou provoquer des céphalées selon les individus.
Quoi qu'il en soit, l'on ne restait pas indifférent, que ce soit pour son parfum ou pour sa personne.

La femme se regarda dans le miroir. Elle était belle à ne point en douter. Une beauté unique, mémorable, faite de petits défauts et de grandes singularités.
Son visage triangulaire était anguleux, ses pommettes, marquées, l'on pourrait regretter que son menton, en revanche, se trouvât être légèrement en retrait.
La peau aussi douce et lisse que celle d'une jeune fille, elle semblait être âgée d'entre une vingtaine et une trentaine d'années mais elle était plus vieille que ça.

L'on dirait d'elle qu'elle portait le gène légendaire d'Alexandria. Sa peau laiteuse et ses cheveux d'ébène ont déjà été évoqués...
Mais il y a aussi ses yeux.
En amande, aux cils longs, obscurs, comme les plumes d'une corneille qui carressaient ses joues, jusque là, rien de bien exceptionnel.
Si l'on occulte ses iris.
Deux puits d'un violet sombre, profond et mystérieux... Quasiment abyssal.
Si les yeux étaient la fenêtre de l'âme, la sienne est enfermé derrière des volets sages mais impérieux. Cependant il était drôle de constater que lorsque l'on la décrivait, l'on ne mentionnait qu'en dernier lieu la couleur de son regard, comme s'il s'agissait d'une caractéristique secondaire, à dire vrai, vous l'aurez deviné et vous le verrez encore, tout en elle est plus ou moins singulier.

La femme ouvrit un pot renfermant du charbon et s'en passa sur ses sourcils irréguliers, épilés à la main, renforçant le caractère de son regard. Son nez était fin et droit quoiqu'un peu trop long.
Sa bouche fière aux lèvres fines, boudeuses et rosées était parfois tordue en un rictus moqueur bien que souvent elle restait impassible.

Aurait-elle vécu du temps des grandes vedettes hollywoodiennes, peut-être aurait-elle eu sa place comme femme fatale et dangereuse à l'instar de Hedy Lamarr avec qui elle portait une certaine similarité à ne point en douter avec ses yeux clairs, ses cheveux sombres et son corps féminin et voluptueux.

Je ne sais dire si tu es ma destinée
Ou si nos seuls liens sont l'oeuvre du djinn
Quand j'ai fait mon voeu, au milieu des ruines.
Ton amour est-il le reflet de ta pensée ?

Elle prit le seul bijou qu'elle portait sur une base régulière, ruban de velours noir orné d'un pendentif argenté en forme d'étoile d'obsidienne incrustée de petits diamants.
Il ne lui restait à présent qu'à enfiler ses vêtements pour le dîner.
La magicienne attrapa sa baguette pour rassembler ses vêtements afin de ranger un peu. Sa garde robe se composait uniquement de noir et de blanc, couleurs qu'elle se trouvait les plus séyantes et mettant davantage son corps en valeur mais les habits qu'elle détenait étaient élégants, travaillés.
Elle enfila ainsi ses atours et partit en quête de ses chaussures. Affectionnant les talons hauts, la femme en possédait un petit nombre, lui conférant ainsi un bruit de "tac tac" résonnant sur le pavé à son rythme, reconnaissable de loin et auquel était associé une démarche d'une grâce naturelle, empreinte de fémininité et chaloupée qui prenait son temps.

C'était une femme circéenne, à l'allure noble, à la voix suave et féminine, au regard pénétrant et ascardamycte dans lequel des flammes violettes peuvent miroiter en cas de colère

De mes songes tu t'enfuis à l'aube
Ton parfum de groseille et de lilas
Je veux sentir tes longues boucles noires
Et me perdre dans tes yeux mauves brillants de larmes.

Caractère

'La Destinée arbore de multiples visages. La mienne est magnifique à l'extérieur et à l'intérieur, hideuse.
Et elle s'est imposée à moi avec ses putains de talons'

Elle est connue dans le monde.
Magique. Bien évidement.
C'est ça d'écrire et de faire éditer des thèses et des livres, de voyager par monts et par vaux et de faire des actions à l'étranger.
Sa célébrité la précède souvent et si pour certains c'est un avantage, pour elle c'est loin d'être le cas.

On la dit froide, peu encline à la sympathie de prime abord, sans aucun tact, lâchant sa vérité sans aucunes fioritures ou douceur. Elle est condescendante, orgueilleuse, froide et méprisante.
Son sale caractère est connu partout.

Oh détrompez-vous, elle ne fait pas grand cas de ce que peuvent penser les autres. À son sens, seule compte l'opinion d'une partie d'entre eux, et bien évidemment, comme l'on peut s'en douter, il s'agit des personnes qu'elle considère comme "proches".
Il est ardu d'arriver à ce stade avec la femme. À dire vrai, son attitude cacique, contempteuse, à l'autorité quasi despotique en réfrène plus d'un. À cela ajoutez une langue acérée, prompte au sarcasme, au cynisme amer et aux remarques désobligeantes, pour laquelle un "merci" ou un "s'il te plaît" semble de trop et cela fait un mélange explosif.
Face à l'humour, elle paraît agélaste, sans réaction sinon celle du mépris et du dépit.
Apathique quand elle entend les autres se plaindre, visiblement ennuyée, elle lève les yeux au ciel pour montrer son agacement.
En colère, elle est terrible, menaçante elle siffle les mots, si sa morphologie n'est pas impressionnante, par son attitude elle intimide.
De manière aussi étonnante que cela puisse paraître, elle a le sang chaud, ne se met pas en colère à tout va.
Non. Ce sont plus les autres qui se mettent en colère par ses actes.
Les autres ont plus tendance à l'agacer.


Vous l'aurez compris, elle a de nombreux défauts.
Trop, dirons-nous. Le pire étant qu'elle ne fait pas le moindre effort pour se rendre plus agréable, au moins peut-on dire qu'elle est honnête. Ce sont les autres qui doivent s'adapter à sa personnalité difficile.


'Quand je veux quelque chose, je n'en rêve pas. J'agis.
Et j'obtiens toujours ce que je convoite.'


Y. z V.

La sorcière n'a que faire des contingences, elle a un esprit pragmatique, scientifique, rationnel, assez peu ouvert concernant les religions et autres croyances qu'elle juge "inutiles" et comme des "pertes de temps".
Elle a bien souvent prié par le passé et est-ce que ses requêtes ont été entendues ? Non.
Elle trouvera toujours une explication logique à un phénomène. Un lieu "béni" par un dieu où l'abondance et la prospérité règnent ? Laissez la rire. Il s'agirait plutôt un micro climat propice à la végétation.
En ce sens elle a la mauvaise habitude du blasphème et du manque de respect à l'encontre des religions et ce, de manière plus ou moins intentionnelle.
Elle préfère se débrouiller seule en laissant les autres à leurs prières et lamentations.
Par ailleurs, elle a horreur que les autres se plaignent. C'est une femme forte, indépendante, autonome, en ce sens elle peut faire peur. Féministe convaincue, elle soutient la cause des femmes et leurs droits.
Déterminée, dès lors qu'elle a quelque chose à l'esprit, elle ira jusqu'au bout, de ce fait, elle n'est pas du tout versatile.
À son sens, la fin justifie les moyens, elle n'hésite pas à tout mettre en œuvre pour parvenir à son but. Et si ses proches sont en danger, elle mettrait en œuvre même l'indicible pour les sauver.
La sorcière a aussi la mauvaise habitude d'emprunter les biens des autres quand son besoin s'en ressent sans demander et n'est pas avec discrétion qu'elle utilise l'objet en question.

Aux antipodes de la demoiselle en détresse de l'histoire, c'est un esprit brillant et perspicace, constamment en activité. Fin stratège, qui a toujours un plan de secours mais qui se garde bien de dévoiler ses pensées pour que l'on la suive jusqu'au bout.
La magicienne n'en demeure pas moins curieuse sur ce qui l'intrigue et l'intéresse. Rat de bibliothèque, quand un sujet attise son intérêt, elle va au fond des choses. Connaître un sujet oui, mais autant le faire avec exactitude et non pas évoquer des principes basiques pour étaler sa culture.
La patience n'est pas une de ses vertus, "rapidité" rime pour elle avec "efficacité", croyez le, si elle juge que quelqu'un prend bien trop de temps à accomplir une tâche, le blâme, le reproche et la critique seront inévitables.



'On pense généralement que je ne possède pas un tel organe [le cœur]'
'Je ne suis pas sans cœur, j'ai juste tendance à penser sans mon cœur'


Y. z V., entretien à la Strzyga, journal magique d'opinions polonais

Mais son comportement insupportable, ses sarcasmes, son cynisme... tout cela n'est qu'artifice, en partie.

Parce que tout comme les couleurs qu'elle arbore dans ses vêtements, sa personnalité est emplie de contrastes. C'est le jour et la nuit, c'est le blanc et le noir.

Une femme ayant énormément souffert dans sa jeunesse, ayant été victime des plus affreux coups du sort que l'on puisse imaginer, sur laquelle le Destin s'est acharné sans répit.
Alors à mesure, elle s'est forgée une carapace, une forteresse impénétrable de béton armé autour de son cœur, préférant la logique aux sentiments à tel point que peu de choses la touchent. Armée de ce bouclier émotionnel, de la froideur qu'elle dégage et du tranchant de ses paroles, elle se laisse rarement attendrir.
Il faudra des heures de siège, beaucoup de patience pour percer à jour la personnalité de cette femme et la comprendre.
Comprendre que si elle fait tout cela, c'est pour cacher un vide qui s'est creusé dans sa jeunesse.
Elle n'évoque jamais le passé, reste sciemment vague dessus. Elle préfère parler de son présent, heureux, de son futur qui s'annonce radieux.

Elle aime.
Aime d'un amour inconditionnel. Auprès de ceux qu'elle affectionne, son cœur de glace se réchauffe, ses lèvres s'étirent en sourires tendres et sincères.
Tout l'amour maternel qu'elle croyait ne jamais pouvoir donner par le fait de ne jamais pouvoir enfanter, du fait de sa stérilité, elle l'a reporté sur la surprise de sa vie. Et en retour cela lui est rendu sous la forme d'un amour filial qu'elle ne pensait jamais pouvoir recevoir.
Son propre bonheur est fortement lié à celui de sa fille. Elle ferait les pires atrocités pour elle, deviendrait une criminelle, sacrifierait sa vie, lui offrirait la lune si elle pouvait. C'est sa fille. Sa vilaine petite chouette.

Elle n'a aimé qu'un seul homme de toute sa vie, lui reste passionnée même si elle a tenté de l'oublier dans les bras d'autres hommes, jamais elle n'a cessé de penser à lui. Tous deux partagent autant de similitudes que de différences, ont une relation houleuse, passionnelle.

Elle démontre son attention envers ses proches avec des détails. Elle paye leurs débours par exemple, leur évite d'être endettés, se porte garante.

Bien que semblant apprécier le luxe (comment résister aux belles choses), elle est terre à terre, ne rêvant que de ce "qu'elle aura", elle a de manière surprenante des plaisirs simples.
Du thé, du jus de pommes et des tartes aux baies.
Se réveiller à midi, paresser dans lit avec l'être aimé autour d'un petit déjeuner sur le matelas.
De longs bains chauds, des promenades dans la nature et de longues discussions de tout et de rien.
Elle se voit se retirer avec son amour dans une thébaïde dans le Sud de la France ou le Nord de l'Italie, avec un vignoble et finir ses jours paisiblement.

Elle est pleine de contradictions : froide et chaleureuse, sceptique et rêveuse, indépendante et vulnérable pour ne citer que celles-ci.
Lionne de verre, elle est forte mais a un cœur gigantesque percé par un trou béant par ses traumatismes.
Cœur qui ne demande qu'à aimer et à être aimé...
Pour ce qu'elle est.

'Yen... Personne ne m'avait encore appelée ainsi... Redis le.'

Le Dernier Vœu

Histoire

Il fait beau et chaud. Ma foi. C'est un jour d'été rayonnant.
Je sers de soutien à une tête aux cheveux blond cendré qui repose sur mes genoux, tête qui s'est endormie de fatigue après une journée bien active. Tant d'énergie à cet âge, c'en est épuisant pour tout le monde.
Il fait chaud, trop chaud pour porter du blanc et du noir mais la météo est loin de me forcer à déroger à mes habitudes vestimentaires. J'étais occupée à lire tout l'après-midi, à présent je caresse avec douceur les mèches claires de l'endormie.

Je ne regrette pas ma jeunesse, mais je chéris chaque jour où je vois mon enfant s'épanouir, grandir. Je me délecte de la voir si heureuse.
Il faut croire que je ne suis pas une si mauvaise mère que ça.

-- Mon vilain petit canard.

Une affectueuse ironie ponctue ces mots. Ma fille est belle, personne n'en doute, je ne pense pas ce genre de paroles une seule seconde.
À dire vrai, les cheveux cendrés me font penser au ramage des cygnons, ce qui rend ce sobriquet bien adapté.

Elle m'a un jour demandé comment était mon enfance.
Innocente ignorance qui a poussé à la curiosité. Cependant, la réponse, se limitant à une phrase sans aucune précision supplémentaire, valait toutes les réponses du monde et si la petite n'avait que six ans à ce moment, elle avait compris que ce n'était pas un sujet à évoquer.

-- Mama ! Mama !
Encore des hurlements, des cris, des malédictions, des insultes, des bruits de vaisselle brisée que l'on jetait sur le sol.
-- Mama. J'ai peur.
L'enfant sanglotait, serrant sa poupée, dans les bras de sa mère qui tentait de la protéger de son corps frêle et maigre.
Elle dût la lâcher quand elle fut empoignée de force.
L'enfant courut ailleurs, laissant la poupée de chiffon tomber sur le sol, d'un pas maladroit et déséquilibré, se réfugier dans un coin avant de recevoir quoi que ce soit. Elle crispa les yeux et se boucha les oreilles pour ne pas entendre sa mère crier.
-- Nie. Nie. Nie.


Instinctivement, je secoue la tête, comme si ça allait changer quelque chose à ce genre de pensées.
Si je m'en souviens ? Évidemment.
Ces scènes ne quittent pas mon esprit, continuent de me hanter, ces putains de fantômes des temps passés.

Je suis née en Pologne, près de la frontière allemande il y a bien des années.
Combien exactement ? À vrai dire à force de cacher, j'ai oublié.

Ma mère était sorcière mais dont les pouvoirs magiques étaient faibles, à la limite de faire d'elle une cracmol, mon géniteur, un mugol, individu non pourvu de pouvoirs magiques, beaucoup plus vieux que sa femme, qui avait déjà eu des enfants de son côté.
Des enfants qui, eux, étaient "normaux".
C'est pour cela que ça n'allait pas.
Les habitants du hameau dans lequel je survivais regardaient ma mère de travers.
Et quand je vins au monde, moi aussi.

Je me demande toujours ce qui l'a poussée à s'établir dans un coin pareil. Mais je n'ai jamais eu la réponse et je crois que je ne l'aurai jamais.


L'enfant restait très près de sa mère, à tel point qu'elle la faisait presque trébucher.
Mais sa mère ne disait mot, nerveuse.
La petite sentait les regards emplis de jugement vers elles deux.

-- Regardez ! C'est la wiedźma et son monstre de compagnie !

Ce n'étaient que des mots aujourd'hui. Parfois, elles recevaient des crachats, d'autres des pierres. Les temps étaient rudes et il fallait des bouc émissaires. L'Homme a toujours été ainsi, à chercher des coupables de maux aux raisons qu'il ne peut expliquer.
Sa mère avait vécu à la ville et les gens n'étaient pas aussi méfiants, il y avait d'autres gens comme elles, c'était plus épanouissant. Aux yeux de l'enfant, c'était comme ça que semblait la ville. Elles ne devaient pas être seules dans le monde à être ainsi.


'Monstre'.
'Abomination'.
C'est ce que l'enfant était pour tout le village y compris son père.
Surtout son père.
Son père qui la regardait comme l'on regarderait l'animal le plus répugnant au monde et la traitait comme tel, la battant et l'insultant de tous les noms. Il buvait, trompait sa femme et les battait.

Ses cheveux de jais, sa peau de lait, ses yeux violets attisaient la méfiance par leur singularité et sous les coups répétés de son père pendant des années, son dos s'était arqué.


Pourquoi me bats-tu ? Pourquoi me repousses-tu ? J'ai toujours été sage pourtant...


Abusée physiquement et psychologiquement par mon géniteur, ma mère avait échoué à me soutenir. On ne pouvait pas dire que j'ai vécu au sein d'un foyer stable et aimant.
Évidemment que j'en ai souffert.
Évidemment que j'en souffre encore aujourd'hui.

Je dois une mon salut a une connaissance de ma mère, Tissaia de Vries.

Le père était parti pour la nuit. La mère, ce soir là agitée, avait envoyé l'enfant dans sa chambre mais la petite ne s'était pas assoupie, se demandant pourquoi dans la journée, elle avait dû rassembler ses maigres affaires.
Un calme dantesque s'était installé dans la maison, jamais encore cela n'avait été si silencieux et en ce sens, l'enfant avait peur.

Elle entendit la porte d'entrée grincer, elle se redressa de sa couchette et colla son oreille à la porte. Quelqu'un pénétrait dans le foyer.
Le père était-il déjà de retour ?

Non. Le pas était léger.
Féminin.

-- Quel trou dans lequel tu t'es fourrée.

-- Nous n'avons pas beaucoup de temps.

L'enfant ouvrit légèrement la porte pour observer. Elle ne vit que la mère à travers la légère fente.

-- Et tu as beaucoup trop attendu. Dis-moi. À force de laisser faire, te rends-tu compte de ce qui aurait pu arriver ? Des conséquences ?

Mutisme de la mère.
L'inconnue poursuivit.

-- Évidemment. Tu t'en rends compte. Et pourtant... Ah. Tu comptes rester ici et me la laisser. Tu aimes tellement ton bourreau.

-- Arrête ça.

Le visage de la mère était livide.
Le son d'une tasse que l'on pose sur la table.

-- Tes pensées sont si claires. Ça me désole de voir tout ça. À quel point, comme une Médée, tu es prête à sacrifier ton enfant pour un mugol, parce que tu l'aimes. Tu te délectes de chaque coup qu'il te porte. Enfin si c'est ce que tu veux.

La mère était tête baissée, son visage, blafard.

-- Un obscurus aurait été un véritable problème dans ce village perdu. Et tu t'en es fichue, par égoïsme. Enfin. Je suis là pour l'enfant. Elle sera très certainement mieux avec moi qu'avec une lâche comme toi. Je sens un véritable potentiel magique dans cette maison et ça ne vient pas de toi, c'est clair. Quel danger ça aurait pu être. Tu as élevé une bombe à retardement. Va me la chercher. Je n'ai pas envie de rester plus que ça ici.


Je n'ai jamais revu ma mère. Encore moins mon géniteur.
Je ne suis jamais retournée à Łęknica.
Mais je n'ai pas oublié.
Ma fille marmonne et se tourne vers mon giron, se blotissant contre moi.
Un sourire ourle mes lèvres en la voyant faire.

Je n'ai jamais eu de figure maternelle forte, je me suis construite en tant que telle pour ma fille.
Tissaia était une grande sorcière, elle m'a sauvée la vie plus d'une fois, m'a faite renaître d'une certaine manière, m'a soutenue et élevée.
Mais elle n'avait rien d'une mère, elle dédaignait cette fonction.

L'impression de recevoir des coups.
Encore.
La douleur qui se faisait ressentir.
Encore.
Les cris qui perçaient les oreilles.
Encore.
Hurler à s'en casser la voix.
Encore.
Des cauchemars.
Toujours.

L'enfant en avait assez. D'être sans cesse aux aguets, de se sentir constamment en danger, de revivre ces scènes.
Elle se leva, claudiquant jusqu'à la cuisine, elle était seule dans la grande maison près de Kraków, la tutrice était partie on ne sait où.
Non.
Elle allait en finir.
Sans rien dire, elle savait sa tutrice suffisamment intelligente pour comprendre ses intentions.

Elle prit un couteau dans les tiroirs, s'enferma dans la salle d'eau.
Elle regarda son reflet dans le miroir.
Son physique maudit. Une masse noire de nœuds sur son crane, ses trop nombreux grains de beauté, ses grands yeux de mutante, son nez trop long, son corps trop maigre, sa bosse.
C'était un monstre.
Elle regarda une dernière fois son reflet monstrueux, qu'elle haïssait puis se concentra sur ses poignets, serra son couteau si fort que ses jointures devinrent d'une pâleur cadavérique et tout devint rouge et chaud, puis noir et glacial.


Le Paradis.
L'Enfer.
Ou tout simplement la mort parce que Dieu n'existait sans doutes pas.
Elle avait la sensation de flotter.
Mais elle avait mal. Une douleur aiguë, au dos et aux poignets, mais elle n'arrivait pas à crier. Se faisait-elle punir pour son suicide ?

Je voulais juste me libérer.

Comme si elle devait se justifier.
Et pourtant elle entendit une réponse dans le lointain.

-- Et tu as failli.

Cette voix. Sourde, presque indistincte...
Et pourtant... L'enfant reconnaissait la voix de sa tutrice. Elle tenta de lui répondre mais elle ne parvint pas à ouvrir la bouche.

-- Tu n'y es pas allée de main morte. Les plaies étaient profondes. J'ai dû recourir à de la très ancienne magie pour soigner tout ça.

J'ai mal...

-- Et tu pensais quoi ? Hm ? Non. Ton heure n'est pas encore venue, crois moi. Je t'ai réparée, entièrement. Évidemment, tu porteras encore les marques physiques de ce que je t'ai fait, et peut-être il y aura-t-il d'autres effets secondaires. Nous sommes le premier mai. C'est la Nuit de Walpurgis ou Beltain chez les Celtes. C'est la fin de l'Hiver, prends ça aussi pour toi.

L'enfant ne pensa rien et évidemment, ne dit rien non plus. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, le cœur lourd. Sa tutrice caressa doucement ses cheveux.

-- Prends ceci comme une seconde naissance, un retour à zéro. Nous sommes seules, tu peux pleurer. Pleurer comme un nouveau né, respirer profondément. Après cela, je ne veux plus te voir verser une seule larme, il n'y a rien de pire qu'une magicienne qui pleure. Tu n'es plus ce que tu étais mais tu ne dois en aucun cas oublier ce qui s'est passé, profites-en pour changer. Tu n'es plus la monstruosité bossue de Łęknica. Tu es une future grande sorcière, née le premier mai à Kraków


Co było, nie wróci.


Ce qui fut ne reviendra pas. | Proverbe polonais



Ironie du sort des années plus tard, Tissaia a réussi, elle, à mettre fin à ses jours.
À se suicider, les veines taillées par la même lame, sur son fauteuil face à la cheminée. J'ignore si c'est une coïncidence. En tout cas, j'ai hérité de sa fortune sans verser une seule larme.

Tissaia n'était pas ma mère mais j'ai beaucoup pris d'elle, dans l'attitude, ma façon de me comportais, mon rapport aux autres...
Je pensais que, comme elle, j'étais incapable d'aimer, que peut-être m'avait-elle retiré mon cœur pour me soigner, ce dont j'étais reconnaissante à une époque.


Il m'arrive encore d'avoir des nuits agitées mais au final je n'en suis plus touchée. J'ai passé ce cap, à partir de ce moment, ma vie a pris un autre tournant.
J'ai lutté, non plus pour ma survie mais pour m'imposer dans le monde.
Je suis entrée à Durmstrang où Tissaia était professeure de sortilèges, je me suis montrée comme une élève brillante, parmi les meilleurs de cette école de magie, si ce n'est major de ma promotion.
Et c'est à Durmstrang que je l'ai rencontré.

Multipliant les conquêtes féminines, passionné par la chasse aux monstres, j'avais entendu parler de lui.
Comme tout le monde.
Surnommé "loup blanc" dans toutes les langues parlées à Durmstrang, c'est le fils du professeur d'Instruction et Lutte des Menaces Magiques, se destinant à une carrière de chasseur de monstres, comme son père, de même qu'un cousin éloigné et la pupille de son père, plus jeune, présents aussi dans l'école avec qui il passait son temps.

-- Il se croit irrésistible.

Tissaia ne leva même pas les yeux de son livre. Elle ne répondit pas.

-- C'est de famille vraisemblablement...

Je l'ennuyais très certainement. Elle abhorrait pas ce genre de trivialités, ne trouvant aucun attrait aux hommes ou aux femmes, sexuel ou romantique.

-- Mais j'ai déjà remarqué qu'il me regardait.


Je l'avais par la suite aidé pour un problème concernant son meilleur ami qui manquait de perdre la voix à cause d'une mauvaise farce. Une suite de tribulations qui aurait pu nous coûter notre place à Durmstrang et qui fut le début d'une relation tumultueuse qui, encore aujourd'hui, des années plus tard, est houleuse et étrange à bien des égards.
Passion faite de séparations et de réconciliations, de violence et de tendresse, de mots doux et amers, de caresses et de brimades, de quiproquos et de compréhension.
Nous nous sommes séparés et retrouvés, trop de fois.
De l'autre nous n'arrivons pas à nous passer. L'autre, nous n'arrivons pas à oublier parce qu'entre nous il y a un lien, indéfectible.

Après avoir été tous deux diplômés, pour ma part, avec les honneurs que je méritais, je l'ai accompagné dans plusieurs de ses aventures aux quatre coins du monde.
Pendant mes voyages, je me suis retrouvée à aider une jeune sorcière italienne, née de parents mugol qui s'en méfiaient comme la peste à cause.
Je me suis retrouvée en elle d'une certaine manière et je l'ai aidée à maîtriser ses pouvoirs. J'avais vingt ans. J'étais jeune et idéaliste.
Elle a su passer ce cap, plus facilement que moi et aujourd'hui elle est mère et bien que n'étant pas croyante, je me suis retrouvée être marraine d'un de ses fils.

Outre cela, j'ai écrit des livres à succès sur ce qui me passionnait et surtout, j'étais avec Geralt.
C'était parfait, nous deux, ensemble, jeunes et beaux. Je me voyais fonder une famille avec lui, rien ne semblait entraver un tel avenir aussi brillant.

Mais il y avait une ombre au tableau.

Conséquence hypothétique des lourdes opérations magiques subies plus jeune, je suis stérile.
Et par un coup du sort, lui aussi.

C'en était devenu une obsession, je cherchais à nous soigner tous les deux. À tel point que j'en ai frôlé la folie. À chaque fois que nous arrivions à un endroit, je me renseignais sur les possibles guérisons de cette affliction. J'en suis venue à en vouloir à Tissaia qui, pour m'affranchir de mon passé, a sacrifié mon avenir, je le ressentais ainsi.
Comme si cela ne suffisait pas, Geralt, lassé, m'a quittée à ce moment là, notre liaison était faite de hauts et de bas, de séparations et de retrouvailles mais cette fois là avait été particulièrement violente.

Je n'avais aucun soutien, je me retrouvais seule, ma meilleure amie avait été culbutée par l'homme que j'aimais...
Est ce que ça pouvait être pire ?


En réalité, j'ai fini par m'y résoudre. À la stérilité.
À contre cœur, bien entendu, j'étais prête à affronter cette fatalité pour le restant de mes jours.
Quelques jours plus tard cependant, ma vie... nos vies... notre vie commune prit un autre tournant.
Le Loup Blanc était revenu avec un Lionceau.


La porte s'ouvrit et je me retournai derechef, je savais de qui il s'agissait et il n'allait pas s'en tirer aussi facilement.

Geralt était entré, sans fleurs, sans chocolats, sans jus de pomme comme dans ces clichés du romantisme à un złoty.
Geralt était entré sans une seule parole.
Moi je restais silencieuse pour le moment, je le regardais poser ses affaires d'une main, je devinai qu'il portait quelque chose de l'autre, sous le tissu humide.

-- Quelle partie de monstre as-tu encore ramenée par ici ? Des couilles pour compenser les tiennes ?

Il avait prétexté une chasse qui lui prendrait plusieurs jours. Tu parles. À coup sûr ses vêtements étaient parsemés de cheveux auburn dont je connaissais bien la provenance.

Dis le Geralt.
Dis le que tu baisais Merigold. Ou que tu couchais avec Metz pour changer.
Peut-être avais-tu envie de tester Laux-Antilles que l'on disait si belle qu'aucun homme ne pouvait y résister. Ou Eilhart tiens, avec son amante du moment tant qu'à faire, si tu avais envie de tester les expériences à plusieurs.
Mais dis-le. Merde.


Nous étions assez proches pour que je puisse sentir son parfum.
Un mélange de sueur, de métal et de cuir... Associé à la pluie.
Une odeur masculine.
Une senteur que je ne connaissais que trop bien pour l'avoir humée au sein du foyer, imprégnée dans les draps, luttant contre ma propre odeur contre moi, restant sur ma peau.
Une fragrance qui me rendait folle, tant de colère que de passion, à l'image de notre relation.

Mais quel salaud.

Son visage buriné par ses nombreuses chasses demeurait impénétrable.
Il sentait mon agacement, je le savais, mais il ne répondait pas, il ne cessait de me regarder de ses yeux dorés, le visage de marbre.
Insolent et fier.

Mais quel putain de salaud.

C'était la goutte de trop, furieuse, je me ruai vers lui, la main levée, prête à le...

Mais...

Je m'arrête d'un coup et comprends pourquoi il faisait tout d'une main une fois qu'il retire sa cape, trempée par la pluie, comme s'il avait tout prévu.

Il porte un enfant endormi dans ses bras entraînés. Trop petit, trop fin, tellement que j'ai failli ne pas le voir.

L'ire s'évapore d'un coup. Je jauge l'homme, en quête de réponses... de mots... de quelque chose.
Je n'obtiens que le mutisme le plus total.

Je lève la main, la même qui allait gifler, cette fois hésitante. De mes doigts, je frôle les mèches blond cendré et inspecte cette drôle de surprise.

-- Où as-tu volé cette enfant ?

La gorge nouée, c'était tout ce que j'avais réussi à dire, sans lever les yeux alors que je sentais les larmes monter. Mon corps tremblait, appréhendant la réponse pendant que l'ombre d'un sourire s'était dessinée sur le visage de Geralt.



Elle était d'origine polonaise, était la filleule de Geralt, avait été privée de ses parents à l'âge de cinq ans, enlevés par un accident et élevée par sa grand-mère maternelle jusqu'à la mort tragique de celle-ci, trois ans plus tard. Quelques mois plus tard, elle est entrée dans nos vies.

Je n'ai jamais cru aux liens du sang. Après ce que j'avais vécu, c'était impossible.
Et cet avec cette enfant, j'y ai encore moins adhéré. Nous nous sommes très vite rapprochées, à un point tel que seulement un mois après son arrivée, elle m'appelait "maman", ce qui m'avait encore arraché des larmes.
J'avais alors l'impression de ne pas mériter un amour si innocent, si pur après en avoir rêvé pendant des années. Je ne comprenais pas cette affection, cette admiration, cette recherche de chaleur et de réconfort venant d'elle, ni sa volonté d'être enveloppée de mes bras.

Mon laideron... Notre Ciri était gâtée, peut-être un peu trop que ce soit par son père ou moi ou le reste de la famille à Kaer Morhen.

Par une autre étrange coïncidence, il se trouve qu'elle était née durant la Nuit de Walpurgis ou Beltain.
Comme moi.


Cinq années après, on se retrouve là, au pied de l'arbre au printemps et elle se réveille dans mon étreinte. Ce sont les vacances d'été, je suis professeure de sortilèges dans l'école où elle étudie, Ilukaan.

-- Mama... Quelle heure est-il ?

Je baisse le menton et regarde ses yeux verts avec un sourire, mes boucles noires caressent son épiderme lisse. Je pose mes mains sur son visage joufflu, moucheté de taches de son et dépose un baiser sur son front.
Je la regarde sourire, je l'entends rire, je la laisse se lever, s'étirer et observer le paysage, poings fermés sur ses hanches, comme dominant la vallée.
Le pré est coloré des teintes violentes du crépuscule, couleurs qui se reflètent sur ses cheveux clairs.
Je n'ai pas vu le temps passer.

-- L'heure de rentrer. On y va.

« Ah ! Que pour ton bonheur je donnerais le mien, Quand même tu devrais n'en savoir jamais rien, S'il se pouvait, parfois, que de loin j’entendisse Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice ! » 

Edmond Rostand in Cyrano de Bergerac



Jolanta Berger, née un 15 février à Łęknica, est morte d'un suicide à un trop jeune âge jugeront certains, elle était encore une enfant.
Elle est morte un 1er mai. Elle était trop faible pour survivre, pour affronter le monde. Personne ne la pleura ou lui offrit de sépulture, son corps n'a jamais été retrouvé, Jolanta finit par être oubliée, personne ne se souvient de son apparence, elle subsiste dans les mémoires seulement en tant que "la petite bossue de Łęknica", son patronyme ayant également disparu des mémoires.
Ce même 1er mai à Kraków naquit Yennefer z Vengerbergu. Elle est plus forte. Elle empiète le monde. Elle est née à Beltain, en même temps que la nature renaît après l'hiver. Elle est intelligente, rusée et belle à sa manière. Ses cheveux sont noirs comme le jais et dans ses yeux miroitent des flammes violettes. Si le monde est impitoyable, elle l'est également.

Aujourd'hui, Yennefer z Vengerbergu est professeure de sortilèges à l'école Ilukaan, cela fait trois ans, depuis que sa fille est entrée dans cette école.
            
Monsieur le Directeur
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Vincent Leroy
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Sujet: Re: Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
Lun 28 Mai - 17:19
                    
Le "z" me fait juste tellement rire i swear.
Bon courage pour ta fiche <3 Je suis fière de mon avatar qui passe crème.
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Ursirre
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Sujet: Re: Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
Mar 29 Mai - 0:50
                    
Bonsoir jeune et belle demoiselle ! Bienvenue sur Ilukaan, contente de voir que nous avons déjà une première prof d'assurée !
Je vais m'occuper de ta fiche, tu as jusqu'au 28 juin pour terminer ! Bien évidemment pour toute questions, n'hésite pas à nous contacter comme tu le sais !
Je te souhaite bon courage, des bisous ♥️


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Lance danse en #996699

I have two homes, like someone who leaves their hometown and then establishes a life elsewhere. They might say that they're going home when they return, but then they go home as well when they go to where they live now. Varadero is home, Ilukaan is home.@Alyna pour l'image
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Invité
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Sujet: Re: Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
Mar 29 Mai - 5:31
                    
Merci beaucoup les filles ♡ j'espère que ça passera hahaha

            
Monsieur le Directeur
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Sujet: Re: Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
Mar 29 Mai - 18:40
                    
Message du staff
Validation
—> Te voilà validé(e), tu peux désormais poster dans tous les recoins du forum, RP-Post ainsi que RPCB.
—> Crée dès maintenant un topic pour récapituler les relations de ton personnage. Tu peux également acquérir un portable ou bien créer un blog.
—> N'hésite pas à faire une demande de RP pour trouver un partenaire d'écriture !
—> Enfin, amuse-toi bien sur le forum,  n'hésite pas à en parler autour de toi et à voter régulièrement aux TS !

welcome!

Ab origine fidelis, ex fortitudine scientia.

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Sujet: Re: Elle était un matin de décembre | Yennefer z Vengerbergu [UC]
                    
            
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