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Sujet: Critique littéraire
Ven 16 Aoû - 13:01
                    
Critique littéraire 8BLxxKLAPxVfJFXLfEfetHuPFEQ

Pour toi.

Adam Hesles, 521 pages.



« Affaire non résolu ». Voilà ce que retient Jane, deux mois après l’ouverture de l’enquête sur le meurtre de son fils. La police lui affirme qu’ils ne possèdent pas assez de preuves pour trouver l’assassin et qu’il est impossible à ce stade d’espérer ne serait-ce qu’un suspect. Mais Jane ne l’entend pas de cette oreille : elle est prête à tout pour retrouver celui qui lui a privé de son enfant, avec ou sans aide. Reconstituer les faits, trouver des témoignages, des indices, suivre une piste, elle y est prête. Elle ne s’arrêtera pas avant de trouver sa réponse.
Mais dans cette quête de la vérité, la folie n’est jamais loin. Parfois, il faut devenir ce que l’on cherche pour arriver à ses fins.

Note générale : ★★★★☆
Note de Laurent : ★★★★★

Pour toi, le roman qui s’éloigne du classique pour créer son univers et ses raisons.

Nous découvrons ici le cinquième livre de l’auteur Adam Hesles, qui signe une nouvelle réussite avec son histoire et ses personnages. Connu surtout pour ses livres à l’eau de rose, Hesles surprend ici en changeant radicalement de genre et en oubliant toute romance au long de l’histoire. Il nous démontre ses capacités à s’adapter et à réaliser un environnement angoissant, et, si vous me permettez l’expression, qui « prend par les tripes » pour vous empêcher de lever le nez des pages s’enchaînant à une vitesse folle. Parti d’une formation de journaliste, il n’y a nul doute sur le fait qu’il s’est aidé de son expérience sur le terrain pour écrire ce récit. Âge de seulement 36 ans, le sorcier est encore jeune dans cette nouvelle carrière pour surprendre dans ses prochains romans.

Le roman indique dès les premières pages ce que devient Jane : une meurtrière. Je ne dévoile absolument rien sur ce point, il est d’ailleurs aisé de le comprendre en lisant le résumé, et les premières lignes du livre : « Jane ne pensait pas avoir un jour les mains recouvertes de sang. ». Nous suivons donc ce personnage qui de chapitre en chapitre réunit des indices, plus que les inspecteurs chargés de l’enquête en ont eu. Elle traverse les Etats suivant les témoignages qu’elle obtient, crée des relations et contacts pour l’aider au besoin, nous suivons donc bel et bien une mère désespérée qui cherche à faire son deuil… Pour la première partie du roman. La seconde se penche beaucoup plus sur les pensées et les capacités mentales de Jane qui se perd et pousse les limites plus loin qu’elle ne se pensait capable. Les détails concernant les preuves deviennent superflus, et c’est ce qui rend l’histoire plus troublante encore. Sans dévoiler la fin, cette dernière est à la fois surprenante, satisfaisante et frustrante, sûrement pour sa morale qui s’applique trop à la réalité, surtout quand on souhaite lire un récit inventé.

- L'avis de Laurent ;

Ce qu’il y a d’intéressant quand on découvre et lit le livre, c’est tout d’abord la compréhension du titre : « Pour toi ». Aux premiers abords, nous pensons que cela fait référence à la quête menée par Jane pour rendre justice à son fils, tout ce qu’elle a fait et qu’elle continue de faire même après sa mort. Cependant, nous comprenons aussi sa deuxième signification au fil de la lecture. Ce titre fait également référence aux sacrifices et aux erreurs qu’elle sait commettre et dont elle est prête à assumer toutes les conséquences. Pour lui, elle fait tout pour réussir ce dont elle s’est fixée, en hésitant pas à utiliser les pires moyens. Je pense que le souhait de l’auteur au travers du personnage de Jane était de nous montrer comment une personne définit comme saine d’esprit peut en arriver à ces actes, des actes que la société attribue généralement aux fous, aux psychopathes.
L’auteur ne veut sans doute pas vouloir dire que nous sommes tous fous au fond, mais plutôt que nous pouvons tous sombrer quand nous perdons brutalement ce qui nous tient notre mental.

Jane ne devient pas folle à lier, mais se laisse emporter par une vengeance qui, nous pouvons nous en douter, ne lui ressemble pas. Malgré les crimes qu'elle commet, il n'est pas difficile pour certains lecteurs - et peut-être dont moi sur une certaine mesure, à éprouver encore de la sympathie pour elle.

Mais revenons-en d'abord au début. Ce que j'ai apprécié dans ce livre ce sont les deux parties clairement montrées dans ce roman. Au début, Jane ne souhaite que réunir des indices en plus dans l'espoir de rouvrir l'enquête, de convaincre les inspecteurs, ceux ayant classés l'enquête, qu'il est encore possible de trouver le meurtrier. Le désespoir de cette mère est suffisamment détaillé pour ressentir de la peine pour cette dernière et sa lueur d'espoir pour punir celui qui lui a privé de son bonheur. Elle sait qu'elle ne retrouvera plus son garçon, mais s'il a été sans raison apparente, peut-être d'autres enfants peuvent être touchés. Et Jane ne peut pas se résoudre à laisser d'autres parents connaître la même souffrance. À ce moment, son humanité est encore bel et bien présente. Ses pensées sont louables et pleines de bons sens. C'est pour cela qu'elle obtient de l'aide au début : par des amis, par quelques policiers qu'elle arrive à convaincre de l'aider un peu.

L’auteur prend également le temps de décrire son entourage et l’environnement avec une impressionnante précision. Il devient aisé d’imaginer la maison et le quartier de Jane, tout comme les liens unissant les personnages rencontrés. Cependant, le rythme peut parfois en être impacté dans la lecture d’un polar si cela est inutile pour son avancée. Dans ses précédents romans portés sur la romance, ces détails sont les points forts de l’auteur bien qu’ici, ou du moins dans cette première partie, les découvertes de Jane sont parfois noyées dans les nombreuses pages de descriptions. Mais je me dis que cela est peut-être un choix volontaire de Hesles lorsqu’on lit la suite.

La seconde partie est beaucoup plus intense et prenante. Si nous faisons attention, nous remarquons facilement que les détails sont moins présents, et que nous nous centrons beaucoup plus sur les pensées de Jane : c’est sans doute à ce moment que nous comprenons que cette histoire la dépasse, et l’amène à un point de non-retour. Elle part seule, en voiture, pour continuer ses recherches. Ses soutiens moraux ne sont plus présents, plus personne ne peut empêcher ce qui suit, parce que personne ne s’imagine ce qui va arriver. Quand ils ont laissé Jane partir, ses proches ont vu une femme réfléchie et pleine de bon sens partir. Je me suis demandé si les précisions apportées aux paysages n’étaient pas la preuve que Jane n’avait pas encore sombré, qu’elle était encore consciente des choses. Se retrouver soudainement réellement seule, plongée dans sa solitude lui laisse pleinement le temps de trop réfléchir, et d’imaginer bien pire que ce qui lui est arrivé, de penser à nouveau à son enfant, de ne plus pouvoir se rappeler autre chose de lui que le jour de sa mort. Est-ce un moyen de l’auteur pour exprimer ses avis autour de la solitude de l’être humain ? L’isolement total fait ressortir le pire de nous, de nos pensées ? C’est un tableau très noir qui est dépeint dans cette partie, mais qui peut également se justifier par le choc et la dépression que Jane affronte et qu’elle met de côté pour arriver à ses fins.

J’ai suivi avec intérêt ce développement et je me suis laissé prêté au jeu du cœur au lieu de la raison. J’ai lu ce roman en arrêtant de réfléchir aux actions de la protagoniste, probablement au même moment où elle en a fait de même. L’immersion était totale, ce n’est qu’après une relecture et quelques avis autour de ce roman que j’ai pu commencer à réfléchir à ma critique, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Ce qui est aussi intéressant, c’est lorsque qu’on se rend compte que trouver le meurtrier est passé en second plan – du moins pour le lecteur – pour laisser place à l’inquiétude pour Jane : que va-t-il lui arriver ? La police va-t-elle la trouver avant la fin de sa chasse à l’homme ? Va-t-elle sombrer, en oublie-t-elle définitivement ses principes ? Ou va-t-on découvrir un rebondissement de dernière minute ? Bien entendu, je me garde de vous dévoiler la fin. Mais je pense qu’elle est en partie la raison pour laquelle les critiques s’accordent à ne pas donner les cinq étoiles, pour la frustration qu’elle doit donner. Cependant, même si elle peut paraître ainsi, je me plais à croire que c’est une fin humaine, et qui de ce fait, ne peut pas être pleinement satisfaisante. Nous sommes là sur une représentation ni blanche, ni noire. C’est pour toutes ces raisons que je conseille vivement la découverte de ce roman, qui vous fait réfléchir plus que de raison seulement à sa fin. C’est là, je trouve, toute la réussite d’un roman : se laisser emporter par le récit, et ne faire que ressentir les sentiments des personnages et de s’imaginer parfois à leur place, en oubliant toute réflexion personnelle. Nous pouvons espérer que les protagonistes fassent ou ne fassent pas cela, mais ne pas les blâmer en s’imaginant ce que nous aurions fait.

En conclusion, Adam Hesles nous prouve ses capacités d’auteur et montre qu’il peut se défaire de sa réputation d’écrivain à l’eau de rose pour faire frissonner le lecteur. Nul doute qu’il est aussi capable d’écrire des romans d’horreurs ou de la fantasy. « Pour toi » n’est pas qu’un roman d’été à lire en bord de plage. Si le début parait long, la suite ne permet pas la même réflexion.
N’hésitez pas à expliquer ce que vous en avez pensé, si vous avez pris le temps de lire.

Bonne lecture,
Laurent.


- La sélection du mois ;
Une ville de papier. Olivier Hodasava
La Belle et l’oiseau. Ken Follett
Sacrifice. Cassandra Wilber
Danse macabre. Jessie Mardas
Civilisation : les découvertes du peuple. Helen Hecan

Halloween


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Laurent te juge en #ffffcc
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